Les 5 étapes pour devenir change manager : formations, certifications et premiers pas
Il n’y a pas de voie toute tracée pour devenir change manager. En effet, certains ont une expérience en communication, en formation ou en gestion de projets, tandis que d’autres proviennent de domaines variés. Il existe une grande diversité de parcours professionnels menant à cette profession.
Le fil rouge de mon article est de vous présenter en premier le métier de change manager en vous parlant notamment des types de mission du change manager, je vous présente ensuite le milieu professionnel dans lequel il évolue et le clou de l’article est de vous présenter les parcours et mes conseils étape par étape pour devenir change manager.
Qu’est-ce qu’un change manager ?
Je vais vous résumer le métier de change manager dans cette première partie. Si vous êtes intéressés d’avoir une vision plus complète de ce métier, j’ai écrit un article complet pour vous le présenter.
Définition du métier
Un change manager (on peut dire également un responsable de l’accompagnement au changement, mais c’est plus long) est un expert qui accompagne les transformations dans les organisations.
C’est-à-dire qu’il facilite l’adoption des changements d’outils, de processus ou d’organisation par les équipes.
Évolution du rôle ces dernières années
Depuis plusieurs dizaines d’années, le métier de change manager est en plein essor.
Voici les sources qui appuient cet argument :
- Selon les données d’Indeed, plus de 4 200 offres d’emploi liées au « Change Management » étaient disponibles en France en mai 2025.
- D’après France Transition, le marché du management de transition, qui englobe des missions de Change Management, a connu une croissance exceptionnelle de 39 % en 2022, suivie d’une hausse supplémentaire de 13 % en 2023.

Notre monde change très rapidement depuis plusieurs dizaines d’années
Cet engouement s’explique pour 2 raisons :
- Notre monde bouge et bouge vite, c’est la première raison. Il y a sans cesse de nouvelles organisations, outils, technologies que les organisations intègrent dans leur fonctionnement.
- Et la deuxième raison, qui est directement corrélée à la première, est que les dirigeants des entreprises sont plus sensibilisés au fait que, pour faire réussir les transformations dans les organisations, il faut impliquer et accompagner les personnes impactées.
Exemples concrets de missions
Voici quelques exemples de missions que réalise un change manager.
Le déploiement d’un nouvel outil
Le change manager accompagne la mise en place d’outils (la plupart sont des outils informatiques) qui bouleversent les habitudes et les processus des équipes.
Ces missions sont particulièrement challengeantes, car elles touchent au cœur de l’activité des utilisateurs et génèrent naturellement des résistances.

Le monde du travail se transforme avec l’utilisation des nouvelles technologies
La transformation des modes de travail
L’accompagnement vers le flex office et le télétravail est devenu un sujet important depuis le COVID.
Le change manager aide les organisations à repenser leurs espaces et leurs pratiques de travail pour améliorer l’engagement de leurs salariés en leur apportant plus de flexibilité et d’efficacité.
La migration vers Microsoft 365
L’arrivée d’outils comme Teams, OneDrive et SharePoint représente un changement majeur dans la façon de collaborer dans beaucoup de grands groupes.
Dans ce type de mission, le change manager analyse les usages et outils actuels pour proposer des modes de fonctionnement adaptés à la culture de l’entreprise sur les nouveaux outils.
Les prérequis pour devenir change manager
Le change manager évolue dans un contexte un milieu particulier qui nécessite plusieurs prérequis pour bien remplir sa mission.
Connaître le fonctionnement des organisations
Tout d’abord, le change manager intervient dans une organisation, publique ou privée, qui est en plein changement. Cela suppose pour le change de manager de connaître le fonctionnement des organisations en termes de financement, de direction, de comitologie et de vision.

Les organisations fonctionnent en département et ces départements rythment leur décision avec des comités
Être compétent en gestion du projet
Le change manager « baigne » aussi dans sa mission dans la gestion de projets.
L’organisation veut changer en passant d’un point A à un point B. Pour y arriver, un projet est lancé avec toute une série d’acteurs et de catégories d’actions qui peuvent être aussi bien informatiques, RH, financières.

La gestion de projet implique différents métiers sur plusieurs tâches
Être en relation avec des métiers très différents
Un autre prérequis pour devenir change manager, c’est d’avoir l’habitude de travailler avec des personnes qui exercent des métiers différents, vraiment très différents, de ceux que vous connaissez.
Vous pourriez ainsi être en relation avec des développeurs informatiques, des chefs de rayon d’hypermarché, des logisticiens de centrales nucléaire, des pilotes d’avion …
Vos interlocuteurs auront des jargons et des contextes métiers très différents. Tout votre défi sera de comprendre le travail de ces personnes, leurs enjeux et leur réalité.
Travailler seul (parler de la solitude) … et aussi en équipe
Vous devez être habitué, en tant que change manager, à travailler seul, c’est-à-dire à réaliser vos livrables, créer la dynamique et garder la structure du change management seul dans l’entreprise.
Il est en effet rare que vous travailliez en équipe avec d’autres homologues.
Néanmoins, rassurez-vous, bien que vous soyez le seul garant du respect de la complétude des livrables et du bon respect de la méthodologie de change management, vous n’êtes pas toujours seul.
Vous travaillez avec le sponsor, un chef de projet, un référent métier (business owner) et un solution manager qui est l’expert de ce à quoi va ressembler le changement.
Capacité d’adaptation
Avoir une forte capacité d’adaptation est un prérequis important pour ce métier. Ce prérequis est lié à celui d’être en relation avec des métiers très différents tout en étant différent.
Vous serez incontestablement mis à l’épreuve dans vos missions, ne serait-ce qu’en travaillant dans des environnements de travail très différents, avec des interlocuteurs professionnels qui sont de haute volée (directeur général ou directeur informatique) ou qui sont de simples exécutants.
Votre capacité d’adaptation sera aussi mise à rude épreuve lorsque vous travaillerez dans des projets complexes touchant des domaines comme le nucléaire, l’industrie, mais aussi de hautes volées techniques s’ils concernent des technologies de pointe, comme l’IA.
Avoir une profonde envie d’aider
C’est une vision très personnelle que je vais vous partager pour ce dernier prérequis.
Je crois que, pour bien faire ce métier, il faut avoir en soi une profonde envie d’aider. Lorsque je présente mon métier, je le définis ainsi « j’accompagne les organisations à concrétiser leur vision ».

Un des rôles du change manager est de mettre en évidence là où les personnes se sentent mal à l’aise et ont besoin d’accompagnement
Votre objectif est tout aussi bien que l’entreprise parvienne à concrétiser sa vision et réaliser son projet, mais aussi que les équipes impactées adhèrent au projet et l’adoptent réellement.
Les différents parcours pour devenir change manager
Il n’existe pas de « one best way » pour devenir change manager, il n’y a pas de voie toute tracée.
J’ai connu, dans ma carrière, près d’une cinquantaine de change manager et voici les parcours qui ressortent le plus.

Il y a bien sûr d’autres voies, moins courantes qui sont possibles, comme des parcours initiaux en sciences politiques, coach …
Je précise que l’ensemble de ces parcours nécessite d’être formé, à minima, sur les méthodologies de change management pour devenir un change manager solide. J’en parle dans la prochaine partie.
La voie classique
La voie la plus classique est une formation initiale en gestion de projet et administration des entreprises du type IAE ou école de commerce.
Cette formation est complétée par une expérience en entreprises dans des contextes de projet de quelques années.
Cette voie est une très bonne base pour ensuite se former en change management.
La voie RH/formation
Ce parcours débute par une formation initiale en gestion des ressources humaines ou par un parcours orienté vers la formation et la conception pédagogique.

Beaucoup de change manager viennent du milieu de la formation en entreprise
Là aussi, cette voie est complétée par une période en entreprise avec de la gestion de projets, idéalement dans des contextes de changement importants.
La voie communication/marketing
Pour ce type de parcours, la formation initiale est soit en communication, soit en marketing. Il s’agit d’avoir une base en création de plans de communication, de campagne marketing, de rédaction et création de contenu de communication.
Là aussi, vous me voyez venir, il faut compléter avec plusieurs années d’expérience en entreprise.
La voie IT/digital
Et enfin, le dernier type de parcours de change manager que j’ai souvent rencontré est avec une formation initiale en IT, telle que la chefferie de projet IT ou le développement informatique.

Il arrive que des chefs de projet préfèrent l’accompagnement humain plutôt que technique
Voici les 4 parcours pour devenir change manager que j’ai majoritairement rencontré au gré de mes missions et de mes échanges.
D’autres parcours sont bien sûr possibles. Ce n’est pas parce que je ne les ai pas mentionnés qu’il n’existe pas 😉.
Les étapes concrètes pour se lancer comme change manager
Étape 1 : se former aux fondamentaux
Le change management est constitué de 4 grands piliers que sont la formation, la communication, l’accompagnement et la mobilisation.
Pour devenir change manager, vous aurez besoin de comprendre ces piliers ainsi que les grands livrables pour les construire.
L’initiation au change management « Réussir le changement » est une bonne première étape pour s’initier à ces fondamentaux.
Étape 2: acquérir les certifications de change manager
Si vous voulez aller un cran plus loin en compréhension du métier de change manager et également augmenter votre employabilité, vous pouvez suivre une certification de change management.


Les 2 plus grandes certifications sont :
- l’APMG. C’est une certification en deux niveaux qui combine théorie et pratique avec un focus important sur les méthodologies des pères fondateurs du change management (Kotter, Lewin, etc.).
- Prosci. Cette certification est la référence mondiale de la conduite du changement avec l’analyse PCT (Prosci Change Triangle) et sa méthodologie ADKAR.
Étape 3 : gagner en expérience terrain
Vous aurez beau avoir toutes les certifications en change management, ce n’est que l’expérience du terrain qui vous fera gagner aussi bien crédibilité qu’en prise de recul.
Ma recommandation est que l’expérience terrain se construise sur 2 pans : un pan sur la stratégie, c’est-à-dire imaginer et planifier la stratégie d’accompagnement au changement et un autre pan sur la réalisation concrète de l’accompagnement en réalisant les communications, en formant, en animant les réseaux et communautés d’ambassadeurs.
Étape 4: construire son réseau
Les avantages d’une communauté de change managers est de pouvoir poser des questions spécifiques sur le métier, rencontrer des pairs, découvrir de nouveaux sujets d’expertise, assister à des évènements, demander des avis et conseils.

Faire partie d’un réseau de change manager est un véritable atout !
Vous pourrez trouver des communautés de change manager aussi bien sur LinkedIn. Il en existe une à Lyon et une à Bordeaux dont le nom est « Let’s Change »
Étape 5 : trouver sa première mission
Nous arrivons à l’étape cruciale qu’est la recherche de mission.
Pour trouver une mission de change manager, vous pouvez au choix :
- Être recruté directement en interne dans une grande entreprise qui a internalisé la fonction
- Exercer le métier de consultant en change management auprès d’un cabinet de conseils
- Devenir change manager freelance si vous souhaitez être à votre compte.
Quant aux missions de change management, vous les trouverez tout aussi bien sur des sites tels que LinkedIn ou encore Freework.
Derniers conseils et bonnes pratiques pour devenir change manager
Avant de vous laisser terminer cet article, je vais vous donner quelques derniers conseils pour vous aider à devenir encore plus facilement un change manager.
Faire une interview métier d’un change manager
Si vous êtes hésitant sur le métier et que des zones d’ombre demeures, vous pouvez réaliser une interview de 30 minutes avec un change manager expérimenté.
Ainsi, vous pourrez poser librement vos questions sur les missions d’un change manager, le rythme de travail, les difficultés du métier et aussi sur ce qui plaît dans ce type de poste.

Commencer par faire initier, doucement, au métier
Je vous déconseille de foncer tête baissée en vous inscrivant à toutes les formations possibles et imaginables sur le métier.
Au contraire, je vous suggère d’avoir une démarche graduelle en suivant dans un premier temps l’initiation au change management de Coursera, puis en interviewant un change manager, puis en vous inscrivant à un cours plus avancé pour maîtriser les ficelles du métier.
Soyez conscients de vos forces … et de vos faiblesses

Il y a une telle variété de tâches dans le métier de change manager qu’on peut se sentir débordé face aux dizaines de travaux qu’il est possible de faire dans ce métier : rédaction de newsletters, analyse d’impacts, montage vidéo, création de visuels, interviews, animation d’ateliers …
Vous ne pouvez pas tout savoir faire, rassurez-vous !
Votre avantage réside dans la connaissance que vous avez de ce que vous pouvez faire et ce que vous ne pouvez pas faire.
Ne restez pas seul !
Vous ne serez pas plus fort en restant seul, bien au contraire.
En discutant et partageant des moments avec d’autres change managers, vous développerez aussi bien votre réseau que vos connaissances.
Le parcours pour devenir change manager n’est pas linéaire, mais c’est justement cette diversité qui fait la richesse du métier. Que vous veniez de la communication, des RH, de l’IT ou de la gestion de projet, l’essentiel est de développer votre expertise pas à pas et de ne jamais rester isolé dans votre démarche.